L'année sociale 2011

187 actualités et 182 jurisprudences publiées en 2011.

Les temps forts de 2011

Imputabilité de la maladie professionnelle : au dernier employeur par défaut

Une surdité reconnue maladie professionnelle a conduit la Cour de cassation à placer la responsabilité sur le dernier employeur, faute de preuve contraire. Cette décision rappelle aux entreprises l’obligation de justifier l’absence d’exposition et incite à renforcer le suivi des risques pour éviter des indemnisations imprévues.

Prime d’intéressement proratisée en cas de mi-temps thérapeutique ?

Dans ce litige, la Cour de cassation confirme que les périodes d’arrêt pour accident du travail et le mi‑temps thérapeutique qui en découle sont considérées comme du temps de présence aux fins du calcul de la prime d’intéressement, excluant ainsi l’application du prorata prévu par l’accord d’entreprise. En revanche, les demandes de rétrogradation et de résiliation du contrat restent à réexaminer devant la cour d’appel de renvoi.

Pas d’indemnité de précarité pour les « CDD d’insertion »

Après que plusieurs agents d’entretien en CDD d’insertion aient saisi le conseil de prud’hommes pour obtenir l’indemnité de précarité, la Cour de cassation a confirmé que ce dispositif ne prévoit pas ce versement. Cette décision rappelle aux employeurs de bien distinguer le CDDI des CDD classiques et aux salariés de vérifier leurs droits avant la fin du contrat.

Indemnité de congés payés : le 13ème mois n’est pas pris en compte

Un salarié ayant perçu un 13ᵉ mois a saisi le conseil de prud’hommes pour que cette prime soit intégrée au calcul de son indemnité de congés payés selon la règle du dixième. La Cour de cassation, par son arrêt du 8 juin 2011, rappelle que la prime doit être exclue, confirmant la pratique habituelle en paie et évitant ainsi une revalorisation imprévue du montant des congés.

Un salarié qui photocopie des documents de l’entreprise commet-il un vol ?

Une décision de la Cour de cassation précise que la copie de documents internes, réalisée par un salarié pour préparer sa défense devant le conseil de prud’hommes, ne constitue ni vol ni abus de confiance. Cette jurisprudence rappelle aux employeurs les limites de la sanction disciplinaire lorsqu’un document est indispensable à l’exercice d’un droit de contestation.

Des faits fautifs répétés permettent un licenciement pour faute grave

Cette décision confirme que la récurrence d’un même agissement fautif peut légitimer un licenciement pour faute grave, même si les faits antérieurs sont prescrits. L’employeur peut donc invoquer des comportements identiques répétés pour justifier la rupture, à condition de prouver que la présence du salarié devient intenable.