Jurisprudences sociales — page 53
Retrouvez les décisions de justice commentées et analysées par nos experts spécialisés en droit social.
Jurisprudences commentées
Les décisions marquantes analysées et remises en contexte par nos juristes.
Prime d'assiduité et absences qui viennent en diminuer le montant : la Cour de cassation précise
Une salariée d’une clinique a contesté la réduction de sa prime d’assiduité lorsqu’elle était absente pour maladie ou grossesse, alors que les absences pour événements familiaux n’étaient pas pénalisées. La Cour de cassation rappelle que tout accord doit appliquer les mêmes règles à toutes les absences non assimilées à du temps de travail effectif, sous peine de discrimination.
Pas de délai de prévenance si le salarié à temps partiel accepte la modification de sa durée de travail
Le dernier arrêt de la Cour de cassation précise que le préavis légal de sept jours n’est exigé que lorsqu’une modification d’horaires est imposée unilatéralement par l’employeur. Si le salarié à temps partiel a signé l’avenant, le délai de prévenance ne s’applique pas, ce qui modifie la gestion des changements d’emploi du temps.
L'absence de signature sur un contrat de travail CDD vaut CDI, sauf si c'est le salarié qui refuse de signer
Dans cette affaire, cinq dockers engagés sous CDD sans signature ont saisi le conseil de prud’hommes pour obtenir la requalification en CDI et le paiement des indemnités afférentes. La Cour de cassation a cassé la décision d’appel, rappelant que l’employeur doit prouver la mauvaise foi du salarié pour se prévaloir de l’absence de signature, sous peine de voir le contrat requalifié.
Attention aux avenants modifiant les horaires d'un temps partiel !
Cette affaire rappelle que tout contrat à temps partiel, ainsi que chaque avenant le modifiant, doit préciser la répartition hebdomadaire des heures. En l’absence de cette mention, la jurisprudence considère l’emploi comme à temps plein dès la première irrégularité, exposant l’employeur à une requalification et à des dommages‑intérêts conséquents.
Quand la Cour de cassation apporte des précisions sur la lettre de licenciement pour motif économique
Dans cet arrêt, la Cour de cassation valide la motivation d’une rupture pour motif économique lorsque la lettre de licenciement indique que les difficultés économiques entraînent la suppression d’un poste, même si le libellé n’est pas explicitement « suppression du poste ». Cette décision rappelle aux employeurs l’importance d’une rédaction précise pour éviter tout risque de contestation devant les prud’hommes.
La partie variable du salaire, liée au travail, est prise en compte dans le calcul des congés payés
La Cour de cassation a confirmé que la prime variable, même calculée sur l’année et versée mensuellement, doit être intégrée à l’assiette de l’indemnité de congés payés dès que qu’elle repose sur le travail effectif du salarié pendant la période de repos. Cette décision impose aux employeurs de revoir leurs pratiques de calcul et de s’assurer que les composantes variables du salaire sont prises en compte pour éviter des litiges.
Avantage en nature : la Cour de cassation précise la remise accordée aux salariés sur le prix des produits
La Cour de cassation a confirmé que les cartes de réduction nominatives remises aux salariés, même avec une remise inférieure à 30 %, sont des avantages en nature soumis à cotisations dès lors qu’elles concernent les enseignes du groupe. Elle précise que la tolérance administrative ne s’applique qu’aux biens et services produits par l’employeur, excluant les autres sociétés du groupe, ce qui impose d’inclure ces remises dans l’assiette des cotisations sociales.
La protection liée aux accidents de travail ne s'applique pas aux accidents de trajet
Cette affaire montre que la protection spéciale accordée aux accidents du travail ne s’étend pas aux accidents de trajet. Les juges ont confirmé que l’employeur n’est pas tenu de consulter les représentants du personnel lors du reclassement d’un salarié déclaré inapte après un accident de trajet, ce qui modifie les obligations des services RH en matière de gestion du risque d’inaptitude.
Licenciement, dispense de préavis et clause de non-concurrence : attention aux erreurs de procédures !
Cette décision précise que la levée d’une clause de non‑concurrence doit intervenir dans les délais contractuels, sous peine de devoir verser l’indemnité prévue. Elle clarifie également la date de fin du contrat lorsqu’un salarié est dispensé de préavis, évitant ainsi des litiges sur le paiement de la contrepartie financière.
Licenciement pour inaptitude d'une salariée enceinte : attention à la rédaction de la lettre de licenciement !
Après un arrêt maladie et la déclaration de grossesse, la salariée a été licenciée pour inaptitude sans que la lettre précise un motif étranger à la grossesse. La jurisprudence de Bordeaux rappelle l’obligation d’indiquer ce motif, sous peine de nullité du licenciement, et précise les conséquences pour les employeurs.
Refuser une nouvelle affectation ne motive pas un licenciement, même si une clause de mobilité existe
Dans cette affaire, la Cour de cassation a confirmé que le refus d’une affectation ne constitue pas une faute grave lorsque la clause de mobilité est nulle et que l’employeur ne prouve pas de circonstances exceptionnelles ni un préavis raisonnable. Les RH doivent donc justifier chaque mobilité et informer le salarié dans des délais clairs pour éviter un licenciement sans cause réelle et sérieuse.
L'attestation Pôle emploi ne prouve pas que le salaire a bien été réglé
Dans un litige portant sur le paiement d’une prime de résultat, la Cour de cassation a rappelé que l’attestation remise à Pôle emploi ne suffit pas à prouver le versement du salaire. L’employeur doit justifier le paiement par des pièces comptables, ce qui remet en cause les décisions fondées uniquement sur ce document.
Un défaut de visite de reprise qui ne justifie pas une prise d'acte…
Cette décision de la Cour de cassation précise que l’absence de visite médicale de reprise, même associée à un retard de paiement d’heures supplémentaires, ne suffit pas à justifier une prise d’acte de rupture : le contrat peut être considéré comme une démission. Les employeurs doivent donc veiller à la conformité des procédures de retour, mais ne peuvent s’en prévaloir comme motif de licenciement sans cause réelle et sérieuse.
Utiliser irrégulièrement un véhicule de service est une faute, sauf si l'employeur le sait !
Un électricien d’une société d’autoroutes, mandaté depuis 1997 pour des fonctions syndicales, a été sanctionné en 2011 pour avoir emprunté le véhicule de service à cette fin. La Cour de cassation a confirmé que, sans preuve d’une tolérance explicite de l’employeur, l’usage constitue une faute, tandis que la plainte pour discrimination syndicale a été rejetée faute d’éléments probants.
Pas d'indemnisation au titre d'un licenciement irrégulier en cas de prise d'acte
Cette décision précise que, bien que la prise d’acte de rupture soit qualifiée de licenciement sans cause réelle et sérieuse, l’indemnité pour défaut de procédure ne s’applique pas, la rupture n’étant pas juridiquement un licenciement. Elle oriente les employeurs sur les risques de recours en cas de prise d’acte.
Quand 4 ans de contrats de mission n'aboutissent pas une requalification en CDI
Après quatre années de contrats de mission successifs, le salarié a sollicité la requalification en CDI. La jurisprudence de la Cour d'appel de Lyon puis de la Cour de cassation montre que l’alternance de missions avec des interruptions et le recours à l’intérim pour des pics d’activité ponctuels sont des éléments décisifs pour refuser la transformation du statut.
Même prévue conventionnellement, toute modification du contrat nécessite l'accord du salarié
Le arrêt de la Cour de cassation du 20 mai 2015 rappelle que, même lorsqu’une convention collective prévoit une déclinaison salariale liée à la relégation d’un club, toute modification du contrat de travail doit être précédée de l’accord exprès du salarié. Cette décision contraint les employeurs du sport à formaliser chaque baisse de rémunération, sous peine d’annulation et de contentieux prud’homal.
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