Évaluer les risques
Le Ministère du Travail rappelle que l’employeur doit évaluer les risques et veiller à l’adaptation des mesures de prévention pour tenir compte des circonstances et tendre à l’amélioration des situations existantes.
Il doit donc :
· procéder à l’évaluation des risques encourus sur les lieux de travail qui ne peuvent être évités en fonction de la nature du travail à effectuer ;
· déterminer, en fonction de cette évaluation, les mesures de prévention les plus pertinentes ;
· associer les représentants du personnel à ce travail ;
· solliciter, lorsque cela est possible, le service de prévention et de santé au travail ;
· respecter et faire respecter les recommandations diffusées par les autorités sanitaires.
En tout état de cause et au regard du caractère très évolutif de la situation, il convient de se conformer en continu aux consignes des autorités locales et au suivi de la qualité de l'air, qui priment sur toute consigne générale.
Mettre en place et adapter les mesures de prévention
Il s’agit notamment, systématiquement lorsque cela est possible, de délocaliser l’activité dans un environnement non pollué, de recourir au télétravail pour des circonstances exceptionnelles, et de limiter les déplacements et les activités physiques à l’extérieur lorsque c’est possible.
Dans les entreprises de plus de 50 salariés, le CSE doit être informé sans délai de la décision de l’employeur de recourir au télétravail et être consulté dès que possible après sa mise en œuvre.
Ces mesures mentionnées doivent être mises en place en tenant compte également des risques pour la santé et la sécurité des travailleurs en lien avec les épisodes de forte chaleur qui peuvent être concomitants avec les épisodes de pollution liés aux feux de forêt.
En particulier, l’employeur doit prendre en compte les conditions atmosphériques, dont la canicule, pour déterminer les conditions dans lesquelles les équipements de protection individuelle (EPI), comme les masques FFP2, sont mis à disposition et utilisés.
La combinaison des fortes chaleurs et du port de certains équipements de protection individuelle (EPI) peut en effet affecter la santé des travailleurs et rendre nécessaires des mesures d’adaptation, par exemple à travers l’aménagement des horaires de travail ou des pauses plus régulières.
Les employeurs sont invités à se tourner vers les services de prévention et de santé au travail pour évaluer les risques posés par l’épisode, déterminer les mesures de prévention adaptées et assurer un suivi renforcé des salariés les plus vulnérables. Leurs équipes pluridisciplinaires, composées notamment de médecins du travail, d’infirmiers, de conseillers en prévention, de psychologues et d’assistantes sociales, peuvent ainsi être sollicitées, tant dans la phase de crise que pour le suivi à moyen terme des salariés exposés.
Dans tous les cas, des modalités de traitement d’alerte, en cas de problèmes, doivent être définies, en particulier pour les travailleurs isolés.
Travail en extérieur
Si au niveau communal le seuil ATMO d'exposition aux PM10 est « mauvais » (rouge), il est nécessaire de limiter le temps passé en extérieur, en organisant notamment les relèves et rotations, de limiter les efforts physiques non nécessaires et de porter une attention particulière aux travailleurs les plus vulnérables.
Si au niveau communal le seuil ATMO « très mauvais » (rouge foncé) d’exposition aux PM10 est atteint ou dépassé, le travail en extérieur doit alors être limité aux situations dans lesquelles la poursuite de l’activité est impérative et les mesures de protection renforcées sont nécessaires, en portant une attention particulière aux travailleurs les plus vulnérables.
Le port du masque (équipement jetable de protection respiratoire certifié de type FFP2, ou d’un niveau de protection supérieur) pour les personnes devant rester à l'extérieur pendant de longues périodes ou dans des zones à forte fumée peut fournir un certain niveau de protection contre l’exposition aux particules fines ou grossières. Le masque doit être fourni et remplacé par l’employeur au minimum tous les 8 heures et être impérativement correctement ajusté (salariés formés à son port et au retrait).
Il est recommandé de recueillir l’avis du médecin du travail pour identifier les salariés vulnérables (femmes enceintes, personnes souffrant de maladies respiratoires ou cardiovasculaires, personnes diabétiques, immunodéprimées ou personnes atteintes d’autres maladies chroniques) et définir les mesures de protection appropriées.
L’Anses recommande, afin de maintenir les voies respiratoires humides, de s’hydrater régulièrement. Il est recommandé en conséquence de s’assurer que les travailleurs puissent boire en abondance.
Il est également recommandé de limiter l’exposition de la peau aux particules (suie et cendres, etc.), notamment en portant des habits de protection couvrants et des lunettes de protection. Après l’exposition, il est recommandé de se laver les mains et le visage à l’eau et au savon.
Déplacements
Avant tout déplacement dans les zones concernées, il convient de se rapporter aux consignes des autorités locales qui peuvent décider d’interdire certaines zones d’accès, ou de les limiter pour ne pas gêner les opérations de secours.
En fonction, et si le déplacement ne peut être reporté, il convient :
- d’éviter autant que possible de conduire dans la fumée, et le cas échéant, vitres fermées, climatisation en mode recyclage, phares allumés de jour pour la visibilité ;
- de stationner hors panache, vitres fermées.
Travail en intérieur
La ventilation des locaux, qu’elle soit naturelle ou mécanique, doit faire l’objet d’une vigilance particulière pour limiter autant que possible l’exposition des travailleurs, notamment en cas de risques spécifiques.
Pour limiter l’introduction de particules dans les locaux par la ventilation, il est ainsi recommandé de garder les portes et fenêtres fermées, de n’aérer que lorsque les conditions le permettent et d’arrêter l’usage des systèmes d’aération faisant pénétrer de l’air extérieur non filtré. En l’absence de renouvellement d’air, la qualité de l’air intérieur peut toutefois se dégrader en fonction du nombre de personnes présentes, cette situation doit donc être limitée dans le temps.
Si le lieu de travail dispose d’un système de ventilation avec filtration de l’air extérieur, il peut rester en état de marche à condition de vérifier la maintenance des filtres.
En cas d’absence de filtration et si la poursuite de l’activité est impérative, il est alors recommandé de recourir à des équipements de protection individuelle.
Remise en état des locaux
Une fois l’épisode terminé, la remise en état des locaux doit faire l’objet d’une attention particulière. Les interventions de nettoyage étant particulièrement concernées par l’exposition aux cendres et aux suies, il s’agit d’éviter tout contact avec ces dernières.
S’il vous est nécessaire de remettre en état vos locaux, il est recommandé, après évaluation des risques, de :
- limiter la remise en suspension des poussières en mouillant les débris pour minimiser la respiration des particules de poussière et nettoyer les surfaces à l’eau uniquement : lingettes humidifiées pour les objets et meubles et serpillières humides pour les sols et éventuellement l’usage d’aspirateur industriel de classe H ;
- ne pas utiliser un aspirateur non doté de filtres adaptés pour retirer les poussières, ainsi que tout souffleur, tout nettoyeur haute pression (type karcher) ou balayage à sec pouvant mettre en suspension des particules ;
- équiper les travailleurs avec des équipements de protection individuelle adaptés (gants de protection, bottes, port du masque FFP2 recommandé, etc.) et de préférence de combinaison, ou au minimum des vêtements de protection couvrants ;
- se laver les mains à l’eau et au savon après retrait des gants ;
- éviter d’affecter les personnes à risques à ces opérations de nettoyage. Si cela est impossible, il est nécessaire d’adapter leur protection en la renforçant.
Le document unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP)