Le Conseil d'administration de l'Unédic, réuni le 30 juin 2026, a adopté plusieurs décisions importantes concernant l'Assurance chômage. Au programme figuraient notamment les prévisions financières du régime pour les années 2026 à 2028, l'approbation des comptes 2025, la stratégie de financement de l'organisme ainsi que la question de la revalorisation des allocations chômage.
Un régime toujours sous forte contrainte financière
Réuni le 30 juin 2026, le Conseil d'administration de l'Unédic a examiné les nouvelles prévisions financières de l'Assurance chômage pour la période 2026-2028. Elles mettent en évidence une situation toujours très contrainte, notamment en raison du prélèvement de l'État sur les recettes du régime et du poids des intérêts liés au refinancement de la dette contractée pendant la crise sanitaire.
Les recettes sont estimées à 44,3 milliards d'euros en 2026, avant de progresser à 49,6 milliards d'euros en 2027 puis 51,2 milliards d'euros en 2028, sous l'hypothèse d'une absence de nouveau prélèvement de l'État. Dans le même temps, les dépenses atteindraient 46,6 milliards d'euros en 2026, 47,5 milliards d'euros en 2027 puis 47,2 milliards d'euros en 2028.
Le régime afficherait ainsi un déficit de 2,3 milliards d'euros en 2026 avant un retour à l'excédent en 2027 (+2,1 milliards d'euros) et en 2028 (+4 milliards d'euros). La dette atteindrait toutefois 61,5 milliards d'euros fin 2026 avant de diminuer progressivement.
Les comptes 2025 approuvés
Le Conseil d'administration a également approuvé les comptes annuels de l'exercice 2025, certifiés sans réserve par les commissaires aux comptes.
L'Assurance chômage enregistre une perte limitée à 23 millions d'euros. L'Unédic souligne que ce résultat s'explique principalement par le prélèvement de l'État sur les recettes du régime (3,35 milliards d'euros en 2025), l'augmentation des charges financières, proches de 600 millions d'euros, ainsi que par la progression des dépenses hors allocations.
Selon l'organisme, en l'absence de ces prélèvements, le régime aurait poursuivi sa trajectoire de désendettement.
Une stratégie de financement prolongée
Afin d'assurer le financement de ses besoins, l'Unédic poursuivra ses émissions de dette à court, moyen et long terme.
Après avoir déjà levé 8 milliards d'euros sur les marchés au premier semestre 2026 grâce au programme obligataire garanti par l'État, l'organisme envisage de solliciter une nouvelle garantie publique de 8 milliards d'euros pour 2027. L'objectif est de sécuriser ses financements tout en réduisant progressivement le niveau de sa dette à court terme.
Pas de revalorisation des allocations chômage au 1er juillet 2026
Le Conseil d'administration s'est également prononcé sur une éventuelle revalorisation des allocations d'assurance chômage.
Conformément à la convention d'assurance chômage du 15 novembre 2024, les partenaires sociaux pouvaient décider d'augmenter tout ou partie des allocations. Toutefois, aucune majorité ne s'est dégagée lors de la réunion du 30 juin 2026.
En conséquence, aucune revalorisation n'est appliquée au 1er juillet 2026 et les montants journaliers des allocations demeurent inchangés. L'Unédic rappelle qu'une telle absence de revalorisation s'était déjà produite en 2016.