Ce que calcule le simulateur
Le salaire horaire brut ne dit pas grand-chose de ce qu'une heure de travail coûte à l'entreprise. Il faut y ajouter les charges patronales, les frais du poste (ordinateur, téléphone, véhicule, part du loyer…) et, surtout, tenir compte des heures payées mais pas travaillées : congés, jours fériés, temps passé en réunion ou sur la route.
Le simulateur fait ce calcul pour vous. Il donne le coût complet du salarié, par mois et par an, le nombre d'heures facturables sur l'année et, au bout, le coût de revient d'une heure de travail. Si vous indiquez un taux de marge, il en déduit le prix de vente horaire à pratiquer.
Il sert d'abord aux entreprises qui vendent du temps : artisans, entreprises du bâtiment, cabinets, agences, sociétés de services. Il aide aussi à chiffrer un recrutement ou à vérifier qu'un taux horaire facturé couvre bien ce que coûte le salarié.
Comment le coût de revient est calculé
1. Le salaire chargé
Le point de départ est le salaire horaire brut, multiplié par la durée hebdomadaire et par 52 semaines, auquel s'ajoutent les avantages en nature et la prime annuelle. Le taux de charges patronales s'applique à ce total pour donner le coût employeur.
Les indemnités de repas, la prime carburant et les autres indemnités non soumises à cotisations viennent ensuite, sans charges, dans la limite des exonérations prévues. Au-delà, l'excédent est du salaire : intégrez-le au salaire horaire. Les avantages en nature entrent dans l'assiette des charges, puis sont retirés du salaire chargé : leur coût réel (le véhicule de fonction, par exemple) se saisit dans les frais du poste, pour ne pas être compté deux fois.
Vous ne connaissez pas vos taux de charges ? Le bouton « Estimer les taux » les préremplit à partir du statut (cadre ou non-cadre), du type de contrat, de l'effectif, du taux AT/MP et du versement mobilité, réduction générale déduite. Corrigez-les ensuite avec les taux de votre bulletin de paie si vous les avez.
2. Le coût du poste de travail
Chaque frais se saisit avec sa périodicité : tous les mois pour un loyer ou un abonnement, tous les trois ans pour un ordinateur, tous les cinq ans pour un véhicule. Le simulateur ramène chaque montant au mois, ce qui revient à amortir l'achat sur sa durée d'usage. La liste est préremplie avec les frais les plus courants ; retirez les lignes inutiles, ajoutez les vôtres.
3. Les heures facturables
Un salarié à 35 heures est payé 1 820 heures par an. Il n'en travaille pas autant : on retire les congés payés (25 jours ouvrés par défaut) et les jours fériés chômés (11 par défaut, à ajuster, car tous ne tombent pas un jour travaillé), convertis en heures. Sur le temps qui reste, une part ne se facture pas : formation, réunions internes, trajets, tâches administratives. Elle est fixée à 10 % par défaut ; dans beaucoup de métiers, elle est plus élevée.
4. Le coût de revient horaire
Le coût complet annuel (salaire chargé et coût du poste) divisé par les heures facturables donne le coût de revient d'une heure. Le simulateur affiche aussi la part des heures payées qui ne sont pas facturées, et le rapport entre ce coût et le salaire horaire brut : un repère pratique pour comparer deux postes ou deux années.
Un exemple chiffré
Prenons un salarié payé 15 € brut de l'heure, à 35 heures par semaine, avec un taux de charges patronales de 30 % et 400 € de frais de poste par mois. Les valeurs par défaut sont conservées : 25 jours de congés, 11 jours fériés, 10 % de temps non facturable.
- Salaire brut annuel : 15 × 35 × 52 = 27 300 €.
- Charges patronales : 8 190 €, soit un salaire chargé de 35 490 €.
- Frais du poste : 4 800 € par an, pour un coût complet de 40 290 €.
- Heures facturables : 1 820 − 175 (congés) − 77 (fériés) − 157 (temps non facturable), soit environ 1 411 heures.
Une heure de travail revient donc à 40 290 / 1 411, soit 28,55 €, presque le double du salaire horaire brut. Avec une marge de 20 %, le prix de vente horaire ressort à 34,26 €.
Les limites du calcul
Le résultat dépend des taux de charges retenus. L'estimation automatique donne un ordre de grandeur ; pour un chiffrage qui vous engage (devis, réponse à un appel d'offres), reprenez les taux réels du bulletin de paie. Les frais généraux qui ne sont pas rattachés au poste (expert-comptable, assurances, encadrement) ne sont pas comptés : ajoutez-les aux frais du poste ou intégrez-les à votre taux de marge.