Rupture conventionnelle : quel régime social et fiscal en 2023 selon le BOSS ?
Rédigé par Pierre-Jean FABAS
Formateur expert en matières sociales au sein d'un centre de formation pour adultes
Auteur de plusieurs ouvrages traitant du social et de la paie.
Dirigeant de société pendant 10 ans, passionné par le métier de formateur et le secteur de la paye.
Bibliographie
- Livre « Abécédaire social et paye 2008 » (éditions Publibook)
- Livre « Abécédaire social et paye 2010 » (éditions INDICATOR)
- Livre « Abécédaire social et paye 2011 » (éditions INDICATOR)
- Livre « Nul n’est censé ignorer les lois en paye » (éditions ÉDILIVRE)
Régime fiscal et social en 2023
Il convient de prendre en considération les 2 situations suivantes :
- Le salarié a atteint l’âge d’ouverture des droits dans un régime de retraite de base obligatoire : aucune exonération fiscale ou sociale n’est alors applicable ;
- Le salarié n’a pas atteint l’âge d’ouverture des droits dans un régime de retraite de base obligatoire : l’indemnité fait alors l’objet d’exonérations fiscales et sociales dans la limite de plafonds.
Exemples chiffrés
Présentation du contexte
Les exemples chiffrés proposés par le BOSS, dans sa mise à jour du 23 janvier 2023 concerne la seule situation où :
- Le salarié n’a pas atteint l’âge d’ouverture des droits dans un régime de retraite de base obligatoire : l’indemnité fait alors l’objet d’exonérations fiscales et sociales dans la limite de plafonds.
Exemple chiffré 1
Présentation du contexte
- Un salarié perçoit en 2023 une indemnité de rupture conventionnelle individuelle d’un montant de 19.000 € ;
- La rémunération de l’année précédant la rupture du contrat de travail est de 30.000 €.
Traitement fiscal et social
Vérification du seuil d’assujettissement dès le 1er euro et du plafonnement de l’exonération de 2 PASS
- Seuil au-delà duquel l’indemnité est soumise à cotisations : 87.984 € (2 PASS)
- Seuil au-delà duquel l’indemnité est soumise à cotisations dès le 1er euro : 439.920 € (seuil de 10 PASS non atteint, traitement régime des « parachutes dorés »).
Traitement fiscal
Détermination de la part non imposable :
- Double de la rémunération N-1 : 60 000 €
- Moitié de l’indemnité perçue : 9 500 €
- Indemnité conventionnelle de licenciement : 8 000 €.
On retient la plus favorable des 3limites ci-dessus.
La limite la plus favorable est de 60 000 €.
Compte tenu du montant versé de 19 000 €, l’indemnité n’est pas imposable pour la totalité de son montant.
Traitement social
Détermination de la part exclue de l’assiette des cotisations de sécurité sociale
- La part non imposable de l’indemnité de rupture conventionnelle versée, soit la totalité de la somme de 19.000 €, est inférieure au plafonnement de l’exonération sociale de 2 PASS (87 984€) ;
- L’indemnité est donc intégralement exclue de l’assiette des cotisations de sécurité sociale.
La part non-soumise aux contributions CSG/CRDS est identique à la fraction exonérée de cotisations sociales, même si le BOSS n’apporte pas ici cette précision.
Enfin, la fraction soumise au forfait social correspond à la part exonérée de cotisations sociales, soit ici une base de 19.000 € (précision qui n’est pas ici apportée par le BOSS).
Notre outil

Exemple chiffré 2
Présentation du contexte
- Un salarié perçoit en 2023 une indemnité de rupture conventionnelle individuelle d’un montant de 17.000 € ;
- Le montant de l’indemnité légale de licenciement est de 8.000 € ;
- Le montant de l’indemnité conventionnelle de licenciement est de 20.000 € ;
- La rémunération de l’année précédant la rupture du contrat de travail est de 30.000 €.
Il n’y a aucun montant spécifique afférent à la rupture conventionnelle prévu dans la convention collective de branche. Dans ce cas, on retient par défaut pour premier seuil d’exclusion le montant de l’indemnité conventionnelle de licenciement, soit 20 000 €
Traitement fiscal et social
Nous avons considéré que la situation était identique à l’exemple 1, soit un total des rémunérations brutes versées sur N-1 de 30.000 €
L’indemnité de rupture est traitée comme suit au niveau fiscal et social :
| Rubriques | Partie exonérée | Partie soumise |
| Impôt sur le revenu | 17.000 € | Néant |
| Cotisations sociales | 17.000 € | Néant |
| CSG/CRDS | 17.000 € | Néant |
| Forfait social | Néant | 17.000 € |
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Références
Mise à jour du BOSS au 23 janvier 2023, intitulée « Mise à jour au 1er janvier 2023 des données paramétriques »