Une Sénatrice a attiré l'attention du Ministère du travail sur l'émergence de pratiques de recrutement communément désignées sous le nom de « test du sac à main » révélée par plusieurs témoignages.
Le procédé, observé lors d'entretiens d'embauche, consiste à demander à une candidate de vider son sac à main afin d'apprécier son prétendu sens de l'organisation.
Estimant que ce type de pratiques constitue une atteinte manifeste à la vie privée des candidates, la Sénatrice a interrogé le Ministère du travail sur les actions que le Gouvernement entend entreprendre afin de prévenir et sanctionner ces pratiques.
Le Ministère du travail a publié une réponse le 19 février 2026 confirmant que la demande explicite d'un employeur à un candidat d'exposer ses effets personnels lors d'un entretien d'embauche est en effet illicite.
Les informations demandées, sous quelque forme que ce soit, au candidat à un emploi ne peuvent avoir comme finalité que d'apprécier sa capacité à occuper l'emploi proposé ou ses aptitudes professionnelles et doivent présenter un lien direct et nécessaire avec l'emploi proposé ou avec l'évaluation des aptitudes professionnelles.
Or, le lien entre le contenu d'un sac à main et le sens de l'organisation n'est ni direct ni nécessaire.
Le recruteur dispose d'autres moyens pour évaluer les compétences organisationnelles du salarié.
De plus, est interdite toute atteinte aux droits des personnes et aux libertés individuelles et collectives qui ne serait pas justifiée par la nature de la tâche à accomplir et proportionnée au but recherché.
Or, en l'espèce, le fait de faire vider son sac constitue une atteinte au droit au respect de la vie privée qui n'est ni justifiée ni proportionnée.
Le contenu d'un sac et les qualités organisationnelles d'un individu sont sans rapport et le recruteur dispose de moyens moins attentatoires comme une mise en situation.
Enfin, ce procédé, s'il n'est pratiqué qu'à l'égard des femmes, peut également constituer une discrimination à raison du sexe prohibée par le code du travail et le code pénal.
Le Ministère du travail considère donc que le cadre juridique est déjà protecteur et permet d'interdire et sanctionner de telles dérives.
Les recruteurs qui ont recours à de tels procédés doivent donc avoir conscience des risques qu'ils encourent tant sur le plan civil que sur le plan pénal.
Il n'est donc pas envisagé de modification du cadre législatif ou règlementaire actuel mais le Ministère indique rester vigilant sur ces pratiques et à tout signalement qui pourrait être réalisé notamment auprès de l'inspection du travail.
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