Travail du 1er mai : où en est-on ?

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Droit du travail Jours fériés

Le Gouvernement a renvoyé la question du travail du 1er mai au dialogue social...

Travail du 1er mai : où en est-on ?
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Le 1er mai 2024, plusieurs boulangeries avaient fait l'objet d'un contrôle de l'inspection du travail et s'étaient vu infliger une amende pour avoir fait travailler des salariés.

Des sénateurs avaient alors déposé une proposition de loi pour élargir et mieux définir les possibilités de travail le 1er mai.

Légalement, seul le 1er mai est obligatoirement chômé pour tous les salariés. 

Par exception, il est possible de travailler le 1er mai dans les établissements et les services qui ne peuvent interrompre leur activité. Ces dispositions sont d'ordre public.

Le Code du travail n'institue aucune dérogation de principe au repos du 1er mai en faveur des établissements et services autorisés par la loi et le règlement à donner le repos hebdomadaire par roulement, c'est-à-dire un autre jour que le dimanche. Il appartient à l'employeur concerné d'établir que la nature de l'activité exercée ne permet pas d'interrompre le travail de ses salariés le jour du 1er mai. Cass. crim., 8 février 2000, n° 99-81.118 ; Cass. crim., 14 mars 2006, n° 05-83.436.

Le Ministère du Travail considère que le critère de l'impossibilité d'interrompre le travail doit être examiné au cas par cas au regard de l'activité concernée et des contraintes spécifiques à l'exercice de cette dernière.

Certaines activités répondant à une mission de service public (par exemple hôpitaux, hôtels ou transports publics) ou indispensables à la continuité de la vie sociale en concourant à la satisfaction d'un besoin essentiel du public pourraient ainsi, sous réserve des circonstances particulières à chaque situation et de l'appréciation souveraine du juge, justifier le travail d'un salarié le 1er mai. Fiche "les jours fériés et les ponts" du Ministère du Travail.

La proposition de loi adoptée par les sénateurs le 3 juillet 2025 visait à autoriser le travail du 1er mai pour les salariés des établissements :

  • assurant, à titre principal, la fabrication ou la préparation de produits alimentaires destinés à la consommation immédiate ;
  • dont l’activité exclusive est la vente de produits alimentaires au détail ;
  • exerçant, à titre principal, une activité de vente de fleurs naturelles qui permet de répondre à un besoin du public lié à un usage traditionnel propre au 1er mai ;
  • exerçant, à titre principal, une activité culturelle.

Mais cette proposition de loi a fait l'objet d'une motion de rejet préalable à l'Assemblée Nationale le 10 avril 2026.

Le Ministre du Travail a alors organisé une réunion avec les partenaires sociaux le 13 avril 2026.

Il a ensuite indiqué que le Gouvernement passera par le dialogue social pour adapter la loi et « sécuriser concrètement les situations sur le terrain ».

Puis le 17 avril 2026, le Gouvernement a publié un nouveau communiqué indiquant qu'il avait décidé de sécuriser l’activité des boulangers-pâtissiers artisanaux, indispensables à la continuité de la vie sociale, et des artisans fleuristes dont l’activité est traditionnellement associée au 1er mai. 

Un projet de loi visant à autoriser l’ouverture des boulangers-pâtissiers artisanaux et des artisans fleuristes le 1er mai doit donc finalement être présenté dans les jours qui viennent...

Il devrait permettre aux boulangers-pâtissiers artisanaux et artisans fleuristes de faire travailler leurs salariés le 1er mai.

Seuls les salariés volontaires ayant donné leur accord par écrit à leur employeur pourront travailler ce jour-là, et ils seront payés double conformément à la loi. 

Il appartiendra ensuite au Parlement de voter ce projet de loi qui sécurisera définitivement ces accords. Sous réserve de son adoption, cette mesure entrerait donc en vigueur à compter du 1er mai 2027.

S’agissant du 1er mai 2026, le Gouvernement appelle toutes les parties prenantes au pragmatisme et à la modération pour permettre un fonctionnement apaisé des boulangeries-pâtisseries et des fleuristes artisanaux ce jour-là.

Les services de l’Etat vont recevoir des instructions pour que les artisans de ces deux secteurs ne souffrent d’aucune conséquence d’une ouverture le 1er mai 2026 dans les règles fixées par la future loi. En clair, les inspecteurs du travail sont incités à ne pas contrôler ces professions...

Communiqué de presse du Premier Ministre du 17 avril 2026