Garantie d'État de 10 Md€ : L'Unédic sécurise son refinancement pour 2026.

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Paie UNEDIC

Le Conseil d’administration de l’Unédic du 4 février 2026 acte une stratégie financière structurante : 10 Md€ de financement garanti par l’État, poursuite du désendettement court terme et renforcement du pilotage stratégique. Quels enjeux pour la paie ?

Garantie d'État de 10 Md€ : L'Unédic sécurise son refinancement pour 2026.
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Signal fort sur l’équilibre du régime

La Synthèse du Conseil d’administration du 4 février 2026 confirme l’autorisation d’une demande de garantie explicite de l’État à hauteur de 10 milliards d’euros pour 2026.

Ce besoin de financement repose sur trois éléments principaux :

  • la couverture d’un solde financier prévisionnel négatif de –1,3 Md€ pour 2025,
  • le remboursement d’échéances de dette à moyen et long terme contractées pendant la période Covid,
  • la poursuite de la réduction de l’encours de dette à court terme (NEU CP).

Cette tension financière peut expliquer la trajectoire de rendement observée depuis le 1er janvier 2026, notamment avec le relèvement de la contribution patronale sur les ruptures conventionnelles à 40 %.

Le document souligne également que la persistance des moindres compensations d’exonérations de cotisations pèse structurellement sur l’équilibre financier du régime d’assurance chômage.

Les exonérations patronales affectent indirectement la trajectoire financière de l’Unédic et alimentent les débats sur la soutenabilité du régime.

Stratégie de refinancement

La stratégie 2026 vise un rééquilibrage de la structure de la dette :

  • priorité au financement de long terme,
  • maturités pouvant aller jusqu’à 15 ans,
  • maturité moyenne ciblée autour de 10 ans,
  • objectif d’encours de dette court terme compris entre 4 et 5 Md€.

L’Unédic va se financer en empruntant avec la garantie de l’État. Elle privilégiera des emprunts dits « sociaux », destinés à financer des dispositifs ayant un impact social, comme l’assurance chômage.

Cette orientation confirme une volonté de sécuriser les conditions de refinancement et de limiter les risques de tension de trésorerie, dans un contexte économique et budgétaire incertain.

Stratégie extra-financière consolidée

La feuille de route extra-financière 2026 poursuit un triple objectif :

  1. valoriser l’impact social du régime d’assurance chômage,
  2. anticiper les effets des transitions (économiques, sociales, environnementales) sur ses équilibres de long terme,
  3. rendre ses emprunts plus attractifs pour les investisseurs.

Le document indique que l’Unédic a emprunté 34 milliards d’euros depuis 2020 grâce à des emprunts destinés à financer des actions à impact social et qu’elle améliore son suivi en matière sociale et environnementale.

Pour les entreprises cette dimension est à surveiller : elle participe à l’évolution du positionnement de l’Unédic comme acteur financier structurant et non plus uniquement comme gestionnaire technique de l’assurance chômage.

Toute tension durable peut mécaniquement nourrir les débats relatifs au niveau des taux de contribution, à l’évolution du bonus-malus sur les contrats courts ou au traitement contributif de certaines ruptures génératrices de coûts.

Quels enjeux pour la paie ?

Même si aucune modification immédiate des règles d’indemnisation n’est annoncée, plusieurs signaux doivent être intégrés dans la veille sociale :

  • un régime toujours sous tension financière,
  • un recours structurel à l’endettement de marché,
  • un contexte où la question de la compensation des exonérations demeure sensible.

Dans un environnement marqué par la convention d’assurance chômage du 15 novembre 2024 et ses évolutions, ces éléments financiers constituent un arrière-plan déterminant pour les futures négociations et pour l’équilibre global du régime.