Cet article a été publié il y a 8 ans, il est donc possible qu'il ne soit plus à jour.

  • Actualité
  • Paie
  • Indemnité de licenciement

Contribution CSG sur une indemnité de rupture : déductible ou pas ?

Rédigé par Pierre-Jean FABAS

Formateur expert en matières sociales au sein d'un centre de formation pour adultes

Auteur de plusieurs ouvrages traitant du social et de la paie.
Dirigeant de société pendant 10 ans, passionné par le métier de formateur et le secteur de la paye.

Bibliographie

  • Livre « Abécédaire social et paye 2008 » (éditions Publibook)
  • Livre « Abécédaire social et paye 2010 » (éditions INDICATOR)
  • Livre « Abécédaire social et paye 2011 » (éditions INDICATOR)
  • Livre « Nul n’est censé ignorer les lois en paye » (éditions ÉDILIVRE)
7 min de lecture

Voilà sans doute une question que se sont posés (ou se posent) les gestionnaires de paie à l’occasion d’une rupture du contrat de travail et à laquelle Légisocial se propose de répondre dans la présente actualité, selon les dispositions en vigueur en 2018.

Notre propos s’appuiera pour cela sur 2 exemples concrets d’entreprise.

Exemple 1

Présentation du contexte 

  • Un salarié est licencié le 5 mars 2018, pour motif personnel ;
  • Il demande à être dispensé de son préavis prévu conventionnellement, ce que l’employeur accepte ;
  • Il justifie d’une ancienneté de 13 ans et 1 mois et d’un salaire de référence (méthode des 3 et 12 mois) de 2.000 € ;
  • Les salaires bruts versés sur la période N-1 sont supposée évalués à 24.000 € ;
  • Le salarié bénéficie d’une indemnité transactionnelle de 10 000 €. 

Chiffrage indemnité de rupture 

  • Les dispositions légales et conventionnelles sont supposées être identiques, donnant lieu au chiffrage d’une indemnité de licenciement de 7.055,56 € (2.000 € * 10 ans* ¼) + (2.000 € * 3 ans*1/3) + (2.000 € *(1 mois/12)* 1/3). 

Traitement fiscal 

La partie exonérée d’impôt sur le revenu est limitée, en retenant le montant le plus élevé, à :

  • Soit le montant de l’indemnité de licenciement légale ou conventionnelle ;
  • Soit le montant le plus élevé entre 2 fois la rémunération annuelle brute perçue l’année civile précédente et 50% de l’indemnité versée (limite de l’exonération : 6 PASS (soit 238.392 € en 2018). 

Dans le cas présent, nous obtenons :

  • Un montant exonéré d’impôt sur le revenu de 17.055,56 €. 

Traitement social

La part exonérée de cotisations (hors CSG/CRDS et forfait social) est déterminée en retenant comme limite le plus petit des 2 montants suivants :

  • La part qui n’est pas assujettie à l’impôt sur le revenu, soit 17.055,56 € ;
  • 2 fois le PASS (79.464 € en 2018). 

L’indemnité de rupture est donc totalement exonérée de cotisations sociales (hors CSG et CRDS)

Traitement CSG/CRDS 

La partie exclue de cotisations CSG/CRDS est déterminée en retenant la plus petite de 2 limites d’exclusion suivantes :

  • La part exclue de cotisations, soit 17.055,56 € ;
  • La part correspondant au montant légal ou conventionnel, soit 7.055,56 €. 

L’indemnité de rupture est donc :

  • Exonérée de contributions CSG/CRDS à hauteur de 7.055,56 € ;
  • Soumise aux contributions CSG/CRDS, pour un montant de 10.000,00 €. 

À ce niveau, il convient de retenir le principe de « non double déductibilité » vis-à-vis de l’impôt sur le revenu. 

Le montant retenu précédemment soumis aux contributions CSG/CRDS, 10.000 €, n’a pas été soumis par ailleurs à l’impôt sur le revenu.

De ce fait, les contributions CSG au taux global de 9,20 % seront alors totalement non déductibles. 

Concrètement, le bulletin de paie fera apparaître une ligne séparée, au taux global de 9,70% englobant les contributions CSG et CRDS qui viendront augmenter le montant du net imposable, soit présentement de 970 € (10.000 € *9,70%). 

Exemple 2

Présentation du contexte 

  • Un salarié est licencié le 5 mars 2018, pour motif personnel ;
  • Il demande à être dispensé de son préavis prévu conventionnellement, ce que l’employeur accepte ;
  • Il justifie d’une ancienneté de 13 ans et 1 mois et d’un salaire de référence (méthode des 3 et 12 mois) de 2.000 € ;
  • Les salaires bruts versés sur la période N-1 sont supposée évalués à 24.000 € ;
  • Le salarié bénéficie d’une indemnité transactionnelle de 80.000 €. 

Chiffrage indemnité de rupture 

  • Les dispositions légales et conventionnelles sont supposées être identiques, donnant lieu au chiffrage d’une indemnité de licenciement de 7.055,56 € (2.000 € * 10 ans* ¼) + (2.000 € * 3 ans*1/3) + (2.000 € *(1 mois/12)* 1/3). 

Traitement fiscal 

La partie exonérée d’impôt sur le revenu est limitée, en retenant le montant le plus élevé, à :

  • Soit le montant de l’indemnité de licenciement légale ou conventionnelle ;
  • Soit le montant le plus élevé entre 2 fois la rémunération annuelle brute perçue l’année civile précédente et 50% de l’indemnité versée (limite de l’exonération : 6 PASS (soit 238.392 € en 2018). 

Dans le cas présent, nous obtenons :

  • Un montant exonéré d’impôt sur le revenu de 48.000,00 € ;
  • Un montant soumis de 39.055,56 € 

Traitement social 

La part exonérée de cotisations (hors CSG/CRDS et forfait social) est déterminée en retenant comme limite le plus petit des 2 montants suivants :

  • La part qui n’est pas assujettie à l’impôt sur le revenu, soit 48.000,00 € ;
  • 2 fois le PASS (79.464 € en 2018).

Dans le cas présent, nous obtenons :

  • Un montant exonéré de cotisations sociales de 48.000,00 € ;
  • Un montant soumis de 39.055,56 € 

Traitement CSG/CRDS 

La partie exclue de cotisations CSG/CRDS est déterminée en retenant la plus petite de 2 limites d’exclusion suivantes :

  • La part exclue de cotisations, soit 48.000,00 € ;
  • La part correspondant au montant légal ou conventionnel, soit 7.055,56 €. 

L’indemnité de rupture est donc :

  • Exonérée de contributions CSG/CRDS à hauteur de 7.055,56 € ;
  • Soumise aux contributions CSG/CRDS, pour un montant de 80.000,00 €. 

À ce niveau, il convient de retenir le principe de « non double déductibilité » vis-à-vis de l’impôt sur le revenu. 

Sur les 80.000 € soumis aux contributions CSG/CRDS :

  • 39.055,56 € sont par ailleurs soumis à l’impôt sur le revenu ;
  • 40.944,44 € n’ont pas été soumis à l’impôt sur le revenu.  

Les contributions CSG et CRDS seront alors traitées comme suit :

  1. Calcul d’une contribution CSG au taux de 6,80%, sur 39.055,56 €, bénéficiant d’une déductibilité au niveau de l’impôt sur le revenu ;
  2. Calcul d’une contribution CSG-CRDS au taux de 2,90%, sur 39.055,56 €, non déductible au niveau de l’impôt sur le revenu ;
  3. Calcul d’une contribution CSG-CRDS au taux global de 9,70%, sur 40.944,44 €, non déductible au niveau de l’impôt sur le revenu. 
📩 Chaque semaine les actualités Paie

Accéder à la veille professionnelle illimitée

à partir de
20 € HT / mois
engagement annuel
  • Résumés IA & assistant pour poser vos questions
  • Brèves & actualités sociales, RH & paie débloquées
  • Fiches pratiques, jurisprudences, modèles & outils en lien
  • Alertes mise à jour & téléchargement PDF illimité
  • Newsletters hebdomadaires & webinaires

Besoin d'un conseil sur nos offres ?

Notre équipe vous accompagne

Auteur :