Contrat CDI à temps plein : un type d’activité en perte de vitesse

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Une récente publication de l’OIT (Organisation Internationale du Travail) a retenu notre attention. Au travers de ce document, publié le 19 mai 2015, nous y observons ce qui est annoncé ...

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Une récente publication de l’OIT (Organisation Internationale du Travail) a retenu notre attention.

Au travers de ce document, publié le 19 mai 2015, nous y observons ce qui est annoncé en titre du résumé, à savoir « des modalités d’emploi en pleine mutation ».

Le présent article vous en dit plus… 

201 millions de personnes au chômage

En préambule du résumé qui est proposé par l’OIT, les auteurs du rapport indiquent que « Le monde du travail est le théâtre d’une profonde mutation, à une période où l’économie mondiale ne crée pas suffisamment d’emplois ». 

C’est ainsi que l’OIT estime que le chômage a frappé :

  • 201 millions de personnes dans le monde en 2014 ;
  • Soit plus de 30 millions de plus qu’avant le début de la crise mondiale de 2008.

Plus de 40 millions sur le marché du travail, chaque année

C’est une véritable « gageure » selon l’OIT que de fournir des emplois aux plus de 40 millions de personnes qui arrivent chaque année sur le marché du travail.

Une relation de travail qui devient moins sécurisée

Au sein du résumé du rapport qui nous est proposé, un premier chapitre intitulé « La relation de travail devient moins sécurisée… » a retenu toute notre attention.

L’emploi classique perd du terrain

Ce que l’OIT qualifie « d’emploi classique », à savoir le CDI à temps plein, a tendance à perdre du terrain.

De façon plus affinée, le rapport indique que :

  • Dans les économies avancées, ce mode de relation contractuelle est moins en moins prédominant ;
  • Dans les économies émergentes ou en développement, la relation de travail et les contrats de travail se sont vus consolidés mais l’emploi informel continue d’être largement répandu et, à l’extrémité des chaînes d’approvisionnement mondiales, les contrats à très court terme et les horaires irréguliers se sont généralisés. 

Emploi salarié : moitié de l’emploi dans le monde

Chiffre qui peut surprendre, l’emploi salarié ne représente que la moitié de l’emploi dans le monde.

Dans des régions comme l’Afrique subsaharienne ou l’Asie du Sud, il ne représente pas plus de 20% des travailleurs. 

Au sein des « économies avancées », il est observé une tendance à la baisse de la part des emplois salariés, et a contrario une hausse du travail indépendant et des autres formes d’emploi qui ne relèvent pas de la relation traditionnelle employeur-salarié. 

 Moins de 45% en « emploi stable »

Indicateurs importants à nos yeux, il est observé que :

  • Moins de 45% des travailleurs salariés sont titulaires d’un emploi permanent à temps plein (et cette proportion semble décroître) ;
  • En d’autres termes, près de 6 travailleurs salariés sur 10 dans le monde occupent des formes d’emploi temporaires ou à temps partiel ;
  • De plus, les femmes sont représentées de manière disproportionnée dans les emplois salariés temporaires et à temps partiel.
  • En somme, le modèle classique de l’emploi est de moins en moins représentatif du monde du travail d’aujourd’hui puisque moins d’un travailleur sur quatre est employé dans les conditions propres à ce modèle. 

Adapter la législation du travail aux diverses formes d’emploi

Le rapport de l’OIT ne fait pas qu’exposer des faits, il indique les pistes qui seraient à envisager pour améliorer les choses, parmi celles-ci : l’adaptation de la législation du travail aux diverses formes d’emploi.

Une amélioration constatée

Tout d’abord, l’OIT constate au travers de son rapport que de nombreux gouvernements ont réagi face à l’évolution des modalités d’emploi en adaptant les réglementations sur l’emploi et en étendant leur portée.

C’est ainsi que d’importantes améliorations ont été apportées aux domaines de la législation qui régissent le travail indépendant, le travail à temps partiel, l’emploi à durée déterminée et le travail intérimaire.

C’est ainsi que « la capacité protectrice » en ce domaine de la réglementation du travail s’est constamment améliorée au fil des ans dans la plupart des pays, notamment par le biais du principe de «l’égalité de traitement» entre les travailleurs salariés dits « classiques » et ceux qui occupent des emplois « atypiques ». 

Mais une réduction de protection des travailleurs

Pour autant, le rapport de l’OIT constate que dans certains pays, notamment en Europe, des changements ont été opéré récemment et qui ont réduit le niveau de protection des travailleurs, dans les emplois tant classiques qu’atypiques, et ce afin de stimuler la croissance de l’emploi.

Démarche vaine, car selon l’OIT ces changements n’ont pas pour résultat de faire baisser le niveau du chômage et semblent même être contre-productives sur l’emploi et la participation au marché du travail, à court terme comme à long terme d’ailleurs…

Pas de solution « universelle »

Selon l’OIT, cela montre bien qu’il n’existe pas de solution universelle dans ce contexte d’intérêt stratégique.

L’important est d’adopter des stratégies soigneusement élaborées qui tiennent compte des conditions spécifiques du marché du travail et qui sont dictées par les résultats plutôt que par l’idéologie.

En conclusion, l’OIT considère que la réussite passe par l’instauration d’un dialogue social constructif.

Extrait rapport OIT, publié le 19 mai 2015

Le monde du travail est le théâtre d’une profonde mutation, à une période où l’économie mondiale ne crée pas suffisamment d’emplois. L’OIT estime que le chômage a frappé 201 millions de personnes dans le monde en 2014, soit plus de 30 millions de plus qu’avant le début de la crise mondiale de 2008.

Fournir des emplois aux plus de 40 millions de personnes qui arrivent chaque année sur le marché du travail constitue une véritable gageure. Et, au chômage de masse, s’ajoute la profonde transformation que subit la relation de travail, porteuse de nouveaux défis à relever. (…)

La relation de travail devient moins sécurisée…

Ce rapport montre que le modèle de l’emploi classique, qui veut que les travailleurs perçoivent un salaire dans le cadre d’une relation de dépendance vis-à-vis de leurs employeurs, aient un emploi stable et travaillent à temps plein, a tendance à perdre du terrain. Dans les économies avancées, ce modèle de l’emploi classique est de moins en moins prédominant. Dans les économies émergentes comme dans les économies en développement, la relation de travail et les contrats de travail se sont vus consolidés mais l’emploi informel continue d’être largement répandu et, à l’extrémité des chaînes d’approvisionnement mondiales, les contrats à très court terme et les horaires irréguliers se sont généralisés (…).

Aujourd’hui, l’emploi salarié ne représente que la moitié de l’emploi dans le monde et ne concerne pas plus de 20 pour cent des travailleurs dans des régions comme l’Afrique subsaharienne ou l’Asie du Sud. Dans un certain nombre d’économies avancées, on observe une tendance à la baisse de la part des emplois salariés, ce qui marque un tournant par rapport au schéma traditionnel. En revanche, le travail indépendant et les autres formes d’emploi qui ne relèvent pas de la relation traditionnelle employeur-salarié sont à la hausse. Dans les économies émergentes et dans celles en développement, l’évolution de l’emploi salarié accuse un ralentissement. Les proportions d’emplois dans l’économie informelle ainsi que le travail familial non rémunéré restent résolument élevés dans la plupart des pays en développement.

De plus, parmi les travailleurs salariés, une nouvelle dynamique est en train de se dessiner (…).

Moins de 45 pour cent des travailleurs salariés sont titulaires d’un emploi permanent à temps plein et cette proportion semble décroître. Cela signifie que près de 6 travailleurs salariés sur 10 dans le monde occupent des formes d’emploi temporaires ou à temps partiel. Les femmes sont représentées de manière disproportionnée dans les emplois salariés temporaires et à temps partiel.

En somme, le modèle classique de l’emploi est de moins en moins représentatif du monde du travail d’aujourd’hui puisque moins d’un travailleur sur quatre est employé dans les conditions propres à ce modèle. (…)

… et la législation du travail doit s’adapter aux diverses formes d’emploi…

Le rapport constate que de nombreux gouvernements ont réagi face à l’évolution des modalités d’emploi en adaptant les réglementations sur l’emploi et en étendant leur portée. D’importantes améliorations ont été apportées aux domaines de la législation qui régissent le travail indépendant, le travail à temps partiel, l’emploi à durée déterminée et le travail intérimaire. Le rapport indique que la capacité protectrice en ce domaine de la réglementation du travail s’est constamment améliorée au fil des ans dans la plupart des pays. L’introduction de la législation sur «l’égalité de traitement» qui préconise une protection équivalente pour les travailleurs engagés dans les formes d’emploi classiques et pour ceux engagés dans des formes atypiques d’emploi y a, en partie, contribué. Pourtant lorsque les cadres juridiques obsolètes ou insuffisants ne prennent pas suffisamment en compte les nouvelles modalités d’emploi, un grand nombre de travailleurs se trouvent exclus de l’application de la législation régissant la protection de l’emploi. De plus, certains pays, notamment en Europe, ont récemment opéré des changements qui ont réduit le niveau de protection des travailleurs, dans les emplois tant classiques qu’atypiques, et ce afin de stimuler la croissance de l’emploi.

Dans le rapport, l’analyse de la relation entre la réglementation du travail et les indicateurs clés du marché du travail, comme le chômage, donne toutefois à penser que le fait de réduire la protection pour les travailleurs ne se traduit pas par une baisse du chômage. En effet, il ressort de ce rapport que des modifications mal conçues qui affaiblissent la législation sur la protection de l’emploi sont de nature à avoir des effets contre-productifs sur l’emploi et la participation au marché du travail, à court terme comme à long terme. Ceci montre bien qu’il n’y a pas de solution universelle dans ce contexte d’intérêt stratégique. Il importe au contraire d’adopter des stratégies soigneusement élaborées qui tiennent compte des conditions spécifiques du marché du travail et qui sont dictées par les résultats plutôt que par l’idéologie. La réussite passe ici par l’instauration d’un dialogue social constructif.

Référence

Extrait rapport OIT, publié le 19 mai 2015