QVCT et santé mentale : l’urgence silencieuse que les RH doivent transformer en stratégie

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QVCT et santé mentale : l’urgence silencieuse que les RH doivent transformer en stratégie
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Les attentes des salariés en matière de bien-être, de sens et d’équilibre vie professionnelle/vie personnelle n’ont jamais été aussi fortes.

Parallèlement, le cadre juridique se durcit : obligation de sécurité renforcée, vigilance accrue des juges, multiplication des alertes CSE, montée des risques psychosociaux (RPS).

Dans ce contexte, les directions RH ne peuvent plus se contenter d’actions ponctuelles ou symboliques. Elles doivent construire une véritable stratégie QVCT, structurée, mesurable et intégrée à la gouvernance de l’entreprise. L’enjeu est double : protéger la santé des salariés et sécuriser juridiquement l’entreprise.

L’obligation de sécurité : un impératif de moyens renforcés

L’employeur doit prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la santé physique et mentale des salariés. Cette obligation, désormais qualifiée de moyens renforcés, implique :

  • une évaluation régulière des risques ;

  • une mise à jour du DUERP ;

  • des actions de prévention primaire ;

  • une formation adaptée des managers ;

  • un suivi des signaux faibles.

Les RPS (stress, surcharge, conflits, isolement, perte de sens) sont pleinement intégrés dans cette obligation.

Les juges sanctionnent :

  • l’absence de prévention ;

  • les organisations génératrices de surcharge ;

  • les défauts de régulation managériale ;

  • les réponses tardives aux alertes.

Les RH doivent donc anticiper, documenter et démontrer la réalité des actions menées.

Le CSE dispose de leviers importants :

  • droit d’alerte ;

  • expertise RPS ;

  • consultation sur la politique sociale ;

  • participation à la prévention.

Les RH doivent intégrer ces acteurs dans une démarche de co-construction.

Le bien-être comme critère d’attractivité et de fidélisation

Les salariés attendent :

  • un environnement de travail soutenable ;

  • une charge de travail régulée ;

  • une reconnaissance réelle ;

  • un management respectueux ;

  • des marges d’autonomie.

La QVCT devient un levier stratégique de marque employeur.

Les demandes se multiplient :

  • télétravail ;

  • flexibilité horaire ;

  • droit à la déconnexion effectif ;

  • organisation du travail compatible avec les contraintes personnelles.

Les RH doivent intégrer ces attentes dans les accords collectifs et les pratiques managériales.

La quête de sens se traduit par :

  • une exigence de transparence ;

  • une attente de cohérence entre discours et pratiques ;

  • un besoin de contribution utile.

La QVCT ne peut être un affichage : elle doit être vécue.

Les stratégies RH à adopter

Les RH doivent structurer une politique QVCT autour de trois piliers :

  • Prévention primaire : agir sur l’organisation du travail (charge, processus, outils).

  • Prévention secondaire : former, sensibiliser, accompagner.

  • Prévention tertiaire : dispositifs d’écoute, soutien psychologique, gestion des situations critiques.

Stratégies clés :

  • clarifier les priorités ;

  • instaurer des rituels de régulation ;

  • former les managers à détecter les signaux faibles ;

  • mettre en place des indicateurs de charge réelle.

La charge mentale doit être intégrée dans les analyses de risques.

Les managers doivent être formés à :

  • la prévention des RPS ;

  • la communication non violente ;

  • la gestion des tensions ;

  • l’animation de collectifs hybrides ;

  • la régulation du travail.

Ils sont les premiers capteurs de la santé mentale des équipes.

Les RH doivent déployer des outils d’écoute et de mesures en s'appuyant sur :

  • des baromètres sociaux ;

  • des enquêtes RPS ;

  • des entretiens réguliers ;

  • des analyses des données RH (absentéisme, turn-over, alertes).

La mesure permet d’objectiver les risques et de piloter les actions.

La QVCT doit être intégrée dans la stratégie globale de l’entreprise en étant :
  • inscrite dans la politique RSE ;

  • portée par la direction générale ;

  • intégrée aux décisions organisationnelles ;

  • suivie par un comité dédié.