Redressement au titre du travail dissimulé
Mission historique du réseau, la lutte contre le travail dissimulé demeure au cœur de l’activité de contrôle. En 2025, les redressements opérés à ce titre atteignent 1 503 millions d’euros, hors dossiers exceptionnels, un niveau comparable à 2024.
Sur la période 2023-2027, l’objectif fixé par la convention d’objectifs et de gestion (COG) est de 5,5 milliards d’euros de redressements. À fin 2025, 4,3 milliards ont déjà été enregistrés, avec un montant annuel moyen doublé par rapport à la période précédente.
En 2025 :
- 38 108 actions de lutte contre le travail dissimulé ont été engagées,
- 7 665 actions ciblées ont été réalisées (+13 % par rapport à 2024), dont 84,5 % ont abouti à un redressement,
- 28 577 actions de prévention ont été menées, soit 75 % des actions totales,
- plus de 90 % des sommes redressées proviennent des contrôles ciblés sur les employeurs.
Les principaux secteurs concernés demeurent le BTP, les services aux entreprises et le commerce.
Distinction affirmée entre erreur et fraude
L’Urssaf rappelle que toutes les anomalies ne relèvent pas d’une intention frauduleuse. Les erreurs déclaratives, fréquentes dans un environnement réglementaire complexe, sont distinguées des fraudes caractérisées par une volonté délibérée de se soustraire aux obligations sociales.
La prévention s’impose ainsi comme un pilier central de la stratégie de l’Urssaf. 11 millions de demandes d’attestations de vigilance ont été traitées en 2025, des campagnes digitales de sensibilisation ont totalisé 38 millions d’impressions et le dispositif « Mon Conseil Urssaf » accompagne les entreprises dans leurs démarches sensibles (création, première embauche, intéressement…).
Dispositif élargi à toutes les formes de fraude
Depuis 2023, l’Urssaf a structuré un dispositif dédié à la lutte contre l’ensemble des fraudes sociales, au-delà du seul travail dissimulé. Plus de 25 000 situations potentiellement frauduleuses ont ainsi été identifiées depuis la mise en place de ce pilotage renforcé.
Parmi les typologies recensées hors travail dissimulé, on trouve :
- les fraudes à l’affiliation de travailleurs indépendants,
- les usurpations d’identité,
- les détournements liés à l’avance immédiate de crédit d’impôt,
- les manipulations de statuts ou de revenus.
Depuis le 1er janvier 2025, 2 005 fraudes autres que le travail dissimulé ont été détectées. Le réseau reçoit par ailleurs en moyenne 200 signalements par mois sur ces typologies.
Avance immédiate du crédit d’impôt
Le dispositif d’avance immédiate pour les services à la personne illustre l’évolution des risques liés à l’élargissement des missions de l’Urssaf.
En effet, en 2025, 711 dossiers à risque ont été bloqués avant versement, 82 organismes frauduleux ont été exclus du dispositif, 239 fraudes avérées ont été constatées, 62 dépôts de plainte et 12 signalements au Procureur ont été engagés et près de 1,3 million d’euros de fraude ont été évités.
Fraudes à l’affiliation
Le renforcement du contrôle des affiliations via le Centre national d’affiliation (CNTI) a permis le rejet de 7 244 dossiers avant enregistrement et la radiation de 9 981 comptes à l’issue de contrôles a posteriori.
Recouvrement et solidarité financière
Le recouvrement des créances issues de la fraude demeure complexe, notamment face aux entreprises dites « éphémères ». En 2025, près de 150 millions d’euros ont été effectivement recouvrés, dont environ 100 millions liés au travail dissimulé.
La solidarité financière du donneur d’ordre constitue un levier stratégique avec 1 027 actions de mise en œuvre engagées en 2025, soit +85 % par rapport à 2024.
Des évolutions réglementaires visent également à sécuriser les procédures (publication des transmissions universelles de patrimoine, attestation de compte à jour en cas de liquidation amiable).
Arsenal juridique et technologique renforcé
Le projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales, en cours d’examen, prévoit notamment :
- la création d’une « flagrance sociale » permettant des saisies conservatoires immédiates,
- l’extension de la solidarité financière au maître d’ouvrage,
- la possibilité pour les organismes de Sécurité sociale de se constituer partie civile sans plainte préalable,
- l’anonymisation des procédures sensibles,
- la taxation des revenus illicites.
Parallèlement, l’Urssaf poursuit la modernisation de ses outils de ciblage grâce au datamining et à l’analyse massive de données, permettant d’identifier des profils à risque au moyen d’algorithmes croisant des centaines de critères.
Les coopérations avec la DGFiP, les services d’enquête (police, gendarmerie, OCLTI), TRACFIN et les autres organismes de Sécurité sociale sont également renforcées afin d’assurer une approche coordonnée et plus efficace face à des fraudes de plus en plus sophistiquées.